LA PAROLE AUX CHERCHEURS LAURÉATS 2025 – Une thérapie ciblée contre le glioblastome

Après des études médicales à l’université de Turin et de Pavie, le Dr Alberto Picca s’est destiné à la neuro-oncologie après avoir bénéficié d’une bourse de l’ARTC. Aujourd’hui, il est praticien hospitalier à la Pitié-Salpêtrière. En parallèle à son activité clinique, il travaille à l’Institut du cerveau dans l’équipe du Pr Marc Sanson et ses recherches concernent la thérapie ciblée dans les gliomes malins.

À quelles tumeurs vous intéressez-vous ?


Je m’intéresse à un sous-groupe de gliomes malins, qui présentent dans l’ADN des cellules tumorales une anomalie appelée « fusion génique ». Cela signifie que deux gènes, en l’occurrence le gène FGFR3 et le gène TACC3, qui se situent normalement à distance l’un de l’autre dans l’ADN, se sont accolés de façon anormale pour former un gène « chimérique » appelé FGFR3-TACC3. On sait que les gènes produisent des protéines. En cas de fusion des deux gènes, le gène chimérique résultant va produire une protéine qui va favoriser la croissance anormale de la tumeur. Or il existe des médicaments, appelés inhibiteurs de FGFR, capables de cibler cette anomalie et de bloquer la croissance tumorale.

Plus précisément, quel objectif visez-vous ?

Nous savons que les médicaments inhibiteurs de FGFR ne fonctionnent pas de la même façon chez tous les patients. Chez certains, ils permettent un contrôle prolongé de la maladie et sont plus efficaces que la chimiothérapie, tandis que chez d’autres, la tumeur est résistante. L’objectif de mon projet est de comprendre pourquoi il existe de telles différences de sensibilité aux thérapies ciblées, afin d’améliorer l’efficacité de ces dernières.

Comment allez-vous procéder ?

Nous allons analyser en détail l’ADN et l’ARN de tumeurs de patients porteurs de cette fusion et traités par des inhibiteurs de FGFR. En comparant les tumeurs qui répondent bien au traitement à celles qui n’y répondent pas, nous voulons identifier des marqueurs capables de prédire la réponse au médicament et comprendre les mécanismes de résistance. Cela pourrait, non seulement aider à mieux choisir les traitements pour chaque patient, mais aussi permettre de découvrir de nouveaux traitements plus efficaces.

Je profite de cette interview pour remercier les donateurs de l’ARTC qui ont contribué à mon engagement dans la lutte contre les tumeurs cérébrales.